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Que préparer avant de parler de vos nuits à votre médecin traitant sans rien oublier ?

Par Jimenez Julien Publié le Mis à jour le 10 minutes de lecture

Une consultation passe vite et les nuits sont difficiles à résumer de mémoire. Cette liste opérationnelle indique quoi relever pendant les quinze jours précédents, quels documents apporter, quelles questions poser et quels signes signaler en priorité pour que la consultation débouche sur une décision claire.

Femme d’environ cinquante cinq ans assise dans une salle d’attente claire, une pochette cartonnée ivoire et des feuillets agrafés sur les genoux

Quatre choses suffisent, et elles tiennent dans une pochette: quinze lignes de nuits relevées à la main, la liste complète de ce que vous prenez le soir, trois questions écrites à l’avance, et la liste des signes que votre médecin doit entendre même s’il ne les demande pas. Le reste est du confort.

Un rendez vous de médecine générale dure ce qu’il dure. Une femme qui arrive avec un récit de mémoire consomme dix minutes à raconter et repart sans décision. Une femme qui pose une page sur le bureau obtient une orientation. La différence se joue entièrement dans la préparation, et cette préparation commence quinze jours avant.

Quinze jours avant: remplir un agenda de sommeil

L’agenda de sommeil, ou carnet de nuit, est le seul document que personne ne peut produire à votre place. Deux semaines suffisent. En dessous de dix jours, les variations normales d’une semaine brouillent la lecture.

Les six colonnes vraiment utiles

Inutile de tracer quinze colonnes que vous abandonnerez le quatrième matin. Six suffisent à faire apparaître ce qui doit apparaître.

ColonneCe que vous notezPourquoi elle compte
Coucher et leverHeure d’extinction de la lumière et heure de sortie du litDonne le temps réellement passé au lit, souvent plus long qu’estimé
Endormissement estiméDélai ressenti avant de basculer, en grosSépare une latence d’endormissement d’un réveil nocturne
Réveils et durée d’éveilNombre de réveils et durée totale d’éveil estiméeC’est la donnée qui pèse le plus en consultation
SiestesHeure et durée approximativeUne sieste longue décale l’endormissement du soir
Café, alcool, activité physiqueNombre, heure du dernier verre et du dernier café, mouvement de la journéeCe sont les déclencheurs les plus fréquents et les plus modifiables
Bouffées de chaleur et ruminationPrésence des bouffées, niveau de rumination de un à cinqOriente vers la piste hormonale ou vers la charge mentale

Ajoutez une ligne vide en bas pour les évènements marquants: garde d’un petit enfant, hospitalisation d’un proche, période de clôture au travail. Une semaine anormale doit se voir, sinon elle fausse la lecture.

Remplir le matin, jamais la nuit

La règle est stricte et elle a une raison. Regarder l’heure la nuit et chronométrer vos réveils vous transforme en surveillante de votre propre sommeil, ce qui augmente la tension au coucher au lieu de la réduire.

Vous remplissez donc au petit déjeuner, en trois minutes, avec des estimations. Votre médecin n’attend pas des minutes exactes. Il cherche des ordres de grandeur et surtout des régularités: est ce toujours la même heure, toujours après les mêmes soirées.

Si vos relevés font apparaître des habitudes que vous croyiez inoffensives, l’article sur les erreurs du soir qui entretiennent les réveils à quatre heures vous aidera à les repérer avant même le rendez vous.

La veille: rassembler les documents

Réunissez tout la veille au soir, dans une seule pochette. Chercher une ordonnance dans un tiroir le matin même est le meilleur moyen d’oublier la moitié du reste.

Traitements en cours et automédication

Sortez les boîtes, pas la liste que vous croyez connaître. Vous inscrivez le nom exact, le dosage et l’heure de prise, pour tout ce qui suit.

  • Les médicaments sur ordonnance, y compris ceux qui n’ont rien à voir avec le sommeil, traitement thyroïdien, antihypertenseur, antidouleur.
  • Les somnifères ou anxiolytiques, même pris deux fois par mois, avec la date de la première prescription.
  • Les compléments alimentaires: mélatonine, magnésium, plantes, avec leur composition lue sur l’étiquette.
  • Les tisanes du soir, en nommant les plantes qu’elles contiennent.
  • Le traitement hormonal de la ménopause s’il y en a un, ou son arrêt récent.

Ce que vous achetez librement compte autant que ce qui est prescrit. Les statuts de ces produits diffèrent beaucoup, et ce que cela implique est expliqué dans l’article sur le cadre légal de la sophrologie du sommeil et des somnifères en France.

Comptes rendus antérieurs

Emportez les résultats de vos derniers bilans sanguins, notamment thyroïdiens et martiaux s’ils existent, les courriers de spécialistes reçus dans l’année, et le compte rendu de tout examen du sommeil déjà réalisé. Si un proche vous a déjà dit que vous ronflez ou que vous vous arrêtez de respirer, écrivez le noir sur blanc: cette phrase vaut un examen.

Carte Vitale et carte de complémentaire

Carte Vitale à jour, attestation de droits si votre situation a changé, et carte de complémentaire santé. Cette dernière ne sert pas à la consultation elle même, mais à la question suivante: si une orientation vers un psychologue ou vers une praticienne non conventionnée est proposée, vous saurez immédiatement ce que votre contrat couvre.

Les questions à écrire avant d’entrer

Écrivez vos questions dans la salle d’attente, en haut de la page du carnet, là où vous les verrez. La consultation fait oublier les deux tiers de ce que l’on voulait dire.

Trois questions maximum, classées

Trois, pas huit. Classées par ordre d’importance, parce que le temps peut manquer pour la troisième. Formulées de manière fermée, pour obtenir une réponse exploitable plutôt qu’un commentaire général.

  1. Au vu de ces quinze nuits, est ce que mes réveils justifient un examen du sommeil, et lequel.
  2. Est ce que l’un de mes traitements actuels peut participer à ces réveils.
  3. Que dois je faire si la situation ne s’améliore pas dans les six prochaines semaines: je reviens vous voir, ou vous m’orientez dès maintenant.

Notez la réponse à côté de chaque question pendant la consultation, en deux mots. Vous relirez, et vous ne réinventerez pas ce qui a été dit.

Les signes à signaler en priorité

Certains éléments ne viennent pas spontanément dans une conversation, soit parce qu’ils semblent hors sujet, soit parce qu’ils gênent. Ce sont pourtant ceux qui orientent le plus vite.

Ce qui oriente vers un examen du sommeil

Signalez d’emblée les ronflements avec pauses respiratoires rapportées par votre entourage, une somnolence en journée qui ne correspond pas à votre âge et à votre activité, des maux de tête au réveil, des besoins d’uriner répétés la nuit, des mouvements ou des impatiences dans les jambes le soir.

Votre médecin pourra utiliser l’échelle de somnolence d’Epworth, un questionnaire court et courant en consultation: vous cotez de zéro à trois votre risque de somnoler dans huit situations de la vie courante, lecture, transport, réunion, télévision. Ce n’est pas un test de fatigue, c’est une mesure de la propension à s’endormir en journée, et le score guide la décision d’explorer plus loin.

L’apnée du sommeil chez la femme après cinquante ans se présente souvent autrement que chez l’homme, davantage par une insomnie et une fatigue persistante que par un ronflement bruyant. C’est une des raisons pour lesquelles elle est repérée tardivement, et une raison de plus de mentionner ces signes vous même.

Ce qui relève de l’urgence

Après le rendez vous: ce qui doit être noté le jour même

Cinq minutes dans la voiture ou dans le café d’en face, pas le soir. Notez la décision prise, l’examen éventuellement prescrit et le délai annoncé, l’orientation proposée vers un centre du sommeil ou vers un psychologue, la modification de traitement s’il y en a une, et la date de la prochaine évaluation.

Rappelez vous que votre médecin traitant est le pivot du parcours de soins coordonnés: consulter un spécialiste sans être passée par lui réduit la prise en charge, sauf dans les cas d’accès direct prévus. Le fonctionnement de ce parcours est décrit par l’Assurance maladie sur ameli.fr, qui reste la source à jour.

Si une orientation vers un accompagnement non médicamenteux est proposée, les repères pour choisir sérieusement sont réunis dans l’article sur ce qui évolue en France pour les femmes qui dorment mal après quarante ans.

La feuille récapitulative à imprimer

Une page. Une seule. Un carnet de trente pages ne sera pas lu pendant une consultation, alors qu’une page posée sur le bureau est lue en trente secondes et souvent photocopiée pour le dossier.

Cette page contient quatre blocs, dans cet ordre: les quinze lignes de nuits en tableau serré, la liste des produits pris le soir avec dosage et heure, vos trois questions numérotées, et les signes à signaler surlignés en bas. Laissez une marge à droite pour les annotations du médecin.

Datez la, et gardez le double. À la consultation suivante, la comparaison entre deux pages datées vaut tous les récits: c’est ainsi que l’on voit qu’une durée d’éveil est passée d’une heure à trente minutes, ou qu’elle n’a pas bougé.

Ce récapitulatif imprimable est produit automatiquement par Dormina à partir de votre carnet de nuit, avec la courbe de régularité du mois et le relevé de vos déclencheurs les plus fréquents. Vous arrivez au rendez vous avec une page tenue, pas avec un souvenir approximatif. Pour savoir ce que cette page donnerait sur vos propres nuits, obtenez une démonstration du carnet de nuit de Dormina et exposez votre situation avant de commencer.

Installer ce rituel du soir avec Dormina

Le rituel de quinze minutes, les audios de réveil nocturne et le carnet de nuit sont réunis dans Dormina. Décrivez vos nuits en quelques lignes, nous répondons sous un jour ouvré avec le profil et la formule qui correspondent, et l’accès est ouvert ensuite.

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Portrait de Jimenez Julien, auteur des contenus de Dormina

Jimenez Julien

Auteur des contenus du Carnet de nuit

Il conçoit Dormina avec des sophrologues en exercice et écrit les fiches d’hygiène du sommeil à partir des repères publics diffusés en France sur la caféine, l’alcool, la lumière et les horaires réguliers. Il travaille depuis plusieurs années avec des femmes de quarante à soixante ans dont les nuits se coupent vers trois heures, et il rappelle systématiquement le passage par le médecin traitant quand la situation le demande.

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