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Qui écrit, qui éditeJimenez Julien, l’auteur de Dormina
Je conçois et j’édite Dormina depuis la France. Cette page raconte comment une application de sophrologie du sommeil pour les femmes de quarante à soixante ans est née d’un carnet papier agrafé, et ce que je m’interdis de promettre.
Le point de départ, un carnet agrafé sur une table de chevet
Dormina commence par une pochette de feuilles ivoire, agrafées en haut à gauche, qu’une sophrologue de l’ouest de la France me montre un après midi de mars. Ses clientes, presque toutes des femmes entre quarante cinq et cinquante huit ans, remplissaient ces feuilles chaque matin : l’heure approximative du coucher, l’heure du réveil nocturne, le café de l’après midi, le verre de vin du samedi, les bouffées de chaleur, et une croix dans une colonne intitulée « ça a tourné dans ma tête ».
Ce carnet disait quelque chose que les applications de sommeil du commerce ne disent pas. Il ne mesurait rien avec précision. Il rendait visibles des séries. Une femme voyait, en trois semaines, que ses pires nuits suivaient les journées où elle avait accompagné sa mère à l’hôpital. Une autre voyait que le café de seize heures, pris deux fois par semaine dans une réunion, revenait systématiquement avant les réveils de trois heures.
La sophrologue m’a dit une phrase que j’ai gardée : entre deux séances, ses clientes n’avaient rien. Un enregistrement envoyé par courriel, écouté une fois, perdu dans une boîte de réception. Trois semaines plus tard, le rendez vous suivant repartait de zéro. C’est ce vide que Dormina occupe.
Ce que j’ai observé en écoutant des femmes fatiguées
Pendant les mois qui ont suivi, j’ai passé beaucoup de temps à écouter. Des sophrologues installées à Vannes, à Besançon, à Nîmes. Des femmes qui n’avaient jamais consulté personne pour leurs nuits et qui tenaient depuis trois ans avec une tisane et de la volonté. Des aidantes qui dormaient avec le téléphone allumé, au cas où.
Trois constats sont revenus assez souvent pour devenir des règles de conception.
Le premier : elles ne cherchent pas à dormir mieux en général, elles cherchent à ce que le réveil de trois heures dure moins longtemps. La différence est énorme. Elle change ce qu’on mesure, ce qu’on promet et ce qu’on enregistre en studio.
Le deuxième : le vocabulaire ésotérique les fait fuir. Une cadre de santé de cinquante quatre ans qui gère une unité de soins toute la journée n’a aucune envie qu’on lui parle d’énergies bloquées à vingt deux heures trente. Elle veut une consigne claire, une durée annoncée, et une voix qui ne surjoue pas.
Le troisième : la mesure du sommeil peut aggraver le problème. Plusieurs d’entre elles avaient acheté un bracelet connecté, puis passaient leurs matins à consulter un score. La nuit devenait une épreuve notée. J’ai donc décidé que Dormina n’aurait jamais de note globale, jamais de série à ne pas casser, jamais de médaille.
Pourquoi une application, et pas un simple recueil d’audios
Un recueil d’audios ne tient pas dans la durée. Il faut choisir, et choisir à vingt deux heures trente quand on est épuisée est déjà un effort de trop. Le rituel de quinze minutes en quatre temps existe pour supprimer cette décision. Vous appuyez sur un bouton et la séquence se déroule.
Il fallait aussi que le carnet de nuit et les audios se parlent. Après quatorze soirs, l’application dispose d’assez de lignes pour repérer vos deux déclencheurs les plus fréquents et modifier le rituel en conséquence. Si l’alcool du week end ressort à chaque fois, la fiche d’hygiène du sommeil correspondante remonte. Si ce sont les bouffées de chaleur, la détente musculaire est raccourcie au profit d’une respiration plus longue.
Enfin, il fallait une porte de sortie honnête. Une application de sophrologie qui garderait une femme dont l’entourage décrit des pauses respiratoires pendant son sommeil ferait une faute. Dormina signale ces situations et invite à consulter, sans dramatiser et sans détour.
Les cinq règles que je m’impose
- Ne jamais promettre un sommeil parfait, ni la fin des réveils nocturnes.
- Ne jamais présenter la sophrologie comme un traitement, ni comme un substitut à un avis médical.
- Ne jamais afficher de score de sommeil, de série à tenir ou de classement entre utilisatrices.
- Ne jamais envoyer de notification entre vingt trois heures et sept heures du matin.
- Ne jamais vendre, louer ni transmettre les données du carnet de nuit à un tiers.
Ma méthode de travail
Les textes des audios sont écrits avec des sophrologues en exercice, puis relus par elles avant enregistrement. La voix est celle d’une comédienne française, choisie pour son débit lent et l’absence de musique ajoutée. Chaque audio annonce sa durée avant de commencer, parce que savoir combien de temps cela va durer fait partie du calme.
Les fiches d’hygiène du sommeil ne sont pas écrites à l’instinct. Elles reprennent les repères diffusés en France par Santé publique France, par l’Assurance maladie et par l’Inserm sur la caféine, l’alcool, l’activité physique, la lumière et les horaires réguliers. Quand une recommandation publique évolue, la fiche est mise à jour et la date de révision est affichée.
Le produit se vend par la conversation. Il n’y a aucun paiement sur ce site. Vous écrivez, je réponds sous un jour ouvré, et l’accès est ouvert ensuite. Cela ralentit la croissance, cela évite surtout d’encaisser l’abonnement d’une femme dont la situation relève d’abord d’un rendez vous chez son médecin traitant.
MLJ, l’éditeur de Dormina
Dormina est édité par MLJ, SASU au capital de 500,00 euros, immatriculée au registre du commerce et des sociétés de Paris sous le numéro 934 769 837 depuis le 30 octobre 2024. J’en suis le fondateur et le directeur de la publication.
La structure est volontairement légère. Elle n’a pas d’investisseur à satisfaire, donc pas de raison de pousser à l’usage ni de revendre des données de santé. Les abonnements, de 12 à 35 euros par mois, financent l’enregistrement des audios, la relecture des fiches et l’hébergement.
Les détails d’identification complets figurent dans les mentions légales, et le traitement des données dans la politique de confidentialité.
Ce que j’écris dans le Carnet de nuit
Le Carnet de nuit est le magazine de Dormina. J’y écris moi même les neuf articles, relus par les sophrologues qui travaillent sur les audios, et je les mets à jour quand un repère public évolue. Les neuf textes ont été publiés le 3 septembre 2026, jour de la mise en ligne du magazine.
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